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Une rupture profonde avec l'universalisme Républicain

  • Luc Delmont
  • il y a 16 heures
  • 4 min de lecture



Depuis plusieurs années, une partie de la gauche française — et plus particulièrement la France Insoumise — a opéré un basculement idéologique profond.


Au nom de l’antiracisme et de la lutte contre les discriminations, elle a progressivement abandonné l’universalisme républicain pour adopter une grille de lecture dite "décoloniale", en réalité profondément racialiste, importée des Etats-Unis.


Cette évolution n’est pas neutre. Elle éloigne une partie des Français, notamment ceux d’origine nord-africaine, de l’identité française commune en les ramenant sans cesse à des appartenances assignées, figées et stéréotypées, montée contre le "peuple assimilé".

Ce faisant, c’est le pacte républicain lui-même qui est fragilisé.



L’assignation identitaire contre la République une et indivisible


La République française repose sur un principe simple et radical : elle ne reconnaît que des citoyens. Elle ignore les races, refuse les communautés politiques et ne hiérarchise pas les origines.


C’est ce qui fonde son caractère une et indivisible, inscrit dans la Constitution. Or le discours "décolonial" porté entre autres par la "France Insoumise" repose sur la logique inverse.


Il ne parle plus de citoyens, mais de « racisés », de « dominants », de « dominés », de groupes définis par la couleur de peau, l’histoire coloniale ou l’appartenance supposée à une communauté culturelle ou religieuse.


Ce changement de vocabulaire n’est pas anodin : il transforme la citoyenneté en identité secondaire, et l’origine en destin politique. Implicitement, ce type de discours construit un contraste entre « nous, les racisés » et « la France », laissant entendre que la culture française serait réservée aux Blancs et que ceux qui ont une autre couleur de peau ou des origines exogènes ne peuvent exister qu’en dehors de celle-ci, voire en opposition frontale avec elle. Diffuser ce type de discours auprès des minorité ne peut amener qu'à entrainer une réaction populiste en face. C'est ce qui est arrivé aux Etats-Unis avec l'avènement de Trump.


C’est un piège redoutable pour l’unité nationale et la continuité historique de la France, car il pose un clivage artificiel au cœur même de la citoyenneté. Ce n’est plus la République qui émancipe l’individu, mais l’origine qui l’enferme.



Des paroles qui révèlent un imaginaire racialisé


Cette dérive idéologique se manifeste aussi dans des propos tenus publiquement par des responsables politiques ou des figures proches de la France Insoumise. Jean-Luc Mélenchon a ainsi déclaré qu’il ne se voyait pas vivre dans un pays composé majoritairement de personnes « blondes aux yeux bleus ».


Quelle que soit l’intention invoquée, le fait même de raisonner en termes de composition ethnique du peuple constitue une rupture avec l’héritage républicain français. Inversée, une telle phrase aurait immédiatement été qualifiée de raciste, à juste titre.


À cela s’ajoutent des pratiques militantes désormais banalisées dans certains cercles proches de cette mouvance : comptage des « Blancs » dans des espaces militants ou universitaires, réunions dites « non-mixtes » interdites aux « non-racisés », discours assumant une lecture raciale de la société. Ces pratiques, si elles visaient d’autres groupes, seraient unanimement condamnées. Leur tolérance marque un renoncement clair à l’égalité civique.



Un piège tendu aux Français d’origine extra européenne


Ce discours se prétend protecteur, mais il est en réalité profondément aliénant pour ceux qu’il prétend défendre.


En ramenant sans cesse les Français d’origine nord-africaine à l’islam, à la question palestinienne ou à une mémoire coloniale présentée comme indépassable, on les empêche d’accéder pleinement à l’identité française commune. On leur suggère qu’ils ne seraient jamais simplement français, mais toujours « autre chose d’abord » : musulmans avant d’être citoyens, héritiers de la colonisation avant d’être acteurs de la République, victimes avant d’être sujets libres. En même temps, ils se voient opposer une France assimilée, construite comme l’apanage des Blancs.


Ce contraste implicite entre « la France » et « nous, les racisés » enferme ces citoyens dans un double rôle contradictoire, ni pleinement français ni pleinement « autre », et affaiblit l’idée d’un peuple uni. C’est une assignation identitaire qui ne libère pas, mais qui enferme. Et par ses prises de position, la FI a pris parti pour cette France en opposition à la France assimilée, creusant un fossé artificiel dans le corps national.



L’identité française n’est ni ethnique ni hostile


Contrairement au récit "décolonial", l’identité française n’est pas une identité blanche, ni une identité "nord-européenne" de "blonds aux yeux bleux", ni une construction oppressive.


Elle est le fruit d’un long héritage millénaire latin et méditerranéen, façonné par la Grèce, Rome, le christianisme, l’humanisme, les Lumières et la Révolution. Elle est fondamentalement culturelle et civique. Elle n’exige pas l’effacement des origines, mais leur dépassement dans un cadre commun. Elle est exigeante parce qu’elle suppose l’adhésion à une langue, une terre, à des lois, à la laïcité, à une histoire nationale.


Elle est inclusive parce qu’elle permet à quiconque d’y entrer pleinement, sans distinction d’origine ou de croyance. L’assimilation n’est pas une violence symbolique. Elle est une promesse d’accession à l'égalité pleine et entière, actuellement refusée par la gauche racialiste.



Une gauche qui abandonne la France abandonne aussi l’émancipation


En substituant l’universalisme républicain par une logique "décoloniale" et communautaire, la France Insoumise rompt avec ce qui a historiquement permis l’intégration et l’émancipation en France.


Elle fragmente le corps social, nourrit les ressentiments et transforme la politique en affrontement identitaire permanent. En voulant déconstruire la France, elle prive ceux qu’elle prétend défendre d’un bien précieux : la possibilité d’appartenir pleinement à une nation commune, sans condition d’origine, sans assignation, sans justification permanente.



L’assimilation comme horizon commun


La République française n’a pas vocation à organiser la coexistence de communautés concurrentes, comme le font les société anglo-saxonnes, mais à former un peuple un et indivisible dépassant nos origines particulières.


L’identité française n’est pas un héritage figé, mais un cadre vivant, exigeant et ouvert. Refuser cette identité au nom d’un discours "décolonial", c’est rompre avec la Constitution, avec l’idéal républicain, et avec l’idée même d’émancipation. L’avenir de la France ne se construira ni dans la culpabilisation permanente, ni dans l’enfermement identitaire, mais dans la réaffirmation d’une culture commune capable d’inclure sans se renier les spécificités de chacun.

 
 
 

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