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Le “tacos” français : une insulte à notre culture latine

  • Luc Delmont
  • il y a 16 heures
  • 3 min de lecture


Il existe des adaptations culinaires réussies, des métissages heureux, des réinterprétations intelligentes. Et puis il existe le “tacos” français. Un objet gastronomique non identifié, saturé de gras et de sauce fromagère, qui n’a de mexicain que le nom — et encore, mal orthographié, mal compris, mal respecté.


Car le problème n’est pas seulement culinaire. Il est culturel, linguistique et symbolique.



Une offense à la culture amérindienne du Mexique


Un taco, en espagnol, désigne un plat précis, ancré dans la culture mexicaine : une tortilla de maïs garnie avec sobriété, pensée pour l’équilibre des saveurs, la fraîcheur des ingrédients et la simplicité du geste. Le taco est un pilier de la cuisine populaire mexicaine, au même titre que le pain l’est dans d’autres cultures latines.


Le taco véritable est un plat traditionnel mexicain composé d’une tortilla de maïs, garnie de viande, de légumes ou de sauces. Il remonte à l’époque précolombienne, où les Aztèques utilisaient déjà des tortillas pour envelopper des aliments. Le mot « taco » vient du nahuatl tlahco, qui signifie « ce qui est au milieu » ou « moitié », en référence à la façon dont la garniture est placée au centre de la tortilla. C’est devenu un symbole emblématique de la cuisine mexicaine dans le monde.



Le “tacos” français n’a aucun lien avec cet héritage. Il en détourne le nom pour vendre une préparation lourde, standardisée, pensée non pour le goût mais pour la saturation. Ce n’est pas une adaptation : c’est une usurpation sémantique totale.


Quand un mot est ainsi dénaturé, ce n’est pas seulement un plat qui est trahi, mais l'esprit de la culture qu’il transporte.



Une confusion entre abondance et qualité


La cuisine latine — française comprise — repose historiquement sur une idée simple : bien manger, ce n’est pas manger plus, c’est manger juste. Des produits modestes, bien travaillés, dans un équilibre qui nourrit sans abrutir.


Le tacos "français" incarne exactement l’inverse, s'est, à l'instar du hot dog ou du hamburger la traduction d'une approche anglo-saxonne de la nourriture : accumulation d’ingrédients, surcharge calorique, uniformisation du goût. Tout y est conçu pour masquer la la fadeur industrielle par l’excès. Ce n’est pas une cuisine populaire, c’est une logique industrielle déguisée en réconfort "populaire"...


La cuisine populaire authentique naît de la contrainte, mais aussi de l’intelligence. Elle cherche la satiété durable, pas l’engourdissement sensoriel.



Une offense à la gastronomie populaire Française


Ce qui choque le plus n’est pas l’existence de ce type de nourriture, la culture de la malbouffe Américaine est exportée depuis suffisamment de décennies pour que nous nous soyons pas surpris.


En 2025, La malbouffe existe partout. Ce qui choque, c’est qu’elle prospère en France sans être questionnée, parfois même célébrée, dans un pays qui a longtemps revendiqué une culture du goût, du temps long et de la transmission culinaire. Elle est célébrée notamment pas une certaine gauche qui y voit l'expression d'une culture "populaire" vivante. Il est loin, très loin le temps ou José Bové, figure médiatique de la gauche contestataire démontait des Mac Donald's...


Le problème n’est pas que l’on mange parfois vite ou mal. Le problème est que l’exigence a disparu du discours, remplacée par un relativisme commode : “si les gens aiment, alors c’est bien”.... "Si les jeunes, notamment des classes populaires aiment alors c'est bien"...


Non. Aimer quelque chose ne lui donne pas automatiquement une valeur culturelle ou gastronomique.


Personne n’interdit d’apprécier ce type de produit. Mais il est nécessaire de l’appeler pour ce qu’il est : un produit de restauration rapide, ultra-transformé, pensé pour la rentabilité et la répétition, héritier d'un approche purement fonctionnaliste et mercantile.


Les mots comptent. Les plats racontent une histoire. Et quand on accepte de vider les deux de leur sens, on finit par perdre plus que le goût : on perd une part de notre culture.


Le “tacos” français n’est pas seulement un mauvais plat. Il est le symptôme d’un renoncement collectif à l’idée même de bien manger. Et un pays qui renonce à cette idée finit toujours par manger en dessous de ce qu’il pourrait — et de ce qu’il mérite.

 
 
 

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