La Gauche française : entre égarements et renaissance possible ?
- Luc Delmont
- il y a 10 heures
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La gauche française traverse une crise profonde. Déconnectée de ses racines culturelles et de son électorat historique, elle mise aujourd'hui principalement sur le cosmopolitisme et les "minorités" pour survivre.
Le résultat est un effritement massif de ses soutiens traditionnels, avec de nombreux électeurs qui se tournent vers la droite ou l’extrême droite, y compris parmi les "minorités" si difficilement acquises. Aux États-Unis, on observe un phénomène similaire : les démocrates voient de plus en plus de Noirs et de Latinos rejoindre le camp conservateur, au grand désarroi des progressistes.
Ces tendances montrent que lorsque l’idéologie se déconnecte de la réalité sociale et culturelle, elle finit par perdre sa légitimité.
Depuis les années 1980, la gauche française a progressivement abandonné la culture française classique, le patrimoine, les symboles nationaux et l’histoire commune, qui forgeaient pourtant son ADN depuis la révolution... Dans les faits, cela se traduit par une valorisation des musiques urbaines et des productions globalisées, des festivals multiculturels et des programmes scolaires qui relèguent Hugo et Racine au second plan.
Cette orientation, censée séduire les populations immigrées récentes, a produit l’effet inverse. Ces dernières, souvent très conservatrices sur le plan sociétal et attachées à leurs propres traditions, ne partagent pas les valeurs "intersectionnelles" ou néo-progressistes de la gauche moderne. Ainsi, ceux qui étaient historiquement de gauche par attachement à la culture, à l’histoire et aux symboles français se retrouvent marginalisés et cherchent désormais des références politiques dans les forces qui valorisent l’identité et la cohésion culturelle que défendait ardemment "l'ancienne gauche".

La latinité : des solutions pour la renaissance d'une gauche fidèle à ses valeurs
Dans ce contexte, la latinité apparaît comme une alternative crédible et puissante. Loin d’être un retour à l’ethnicisme ou à l’exclusion, ce concept repose sur une identité civilisationnelle, ancrée dans le monde méditerranéen et fondée sur le métissage et l’assimilation.
Contrairement aux nationalismes de "droite" du XXe siècle, centrés sur la "blanchité" et la pureté ethnique d'une Europe du nord mythifiée, la latinité valorise le creuset culturel, l’histoire partagée et la capacité d'individus issus de différentes populations à se fondre dans un socle identitaire commun. C'est l'inclusion par excellence.
Elle constitue ainsi une identité collective inclusive, capable de préserver la cohésion sociale tout en accueillant la diversité et le métissage. C’est une identité fondamentalement anti-racialiste, qui offre un cadre civilisationnel pour articuler justice sociale, égalité et ouverture culturelle.
Pour la gauche, adopter la latinité permettrait de s'ouvrir à une renaissance idéologique et de se reconnecter avec son électorat perdu. Elle pourrait continuer à défendre les valeurs de progrès social, d’égalité et de diversité raciale, tout en proposant un socle culturel commun qui rassemble plutôt que divise, comme elle le fait actuellement.
Elle offrirait aux citoyens une référence solide, fondée non sur la pureté ethnique mais sur un héritage méditerranéen partagé et un cadre civilisateur. Cette approche permet de concilier ouverture et cohésion, diversité et identité, progrès social et enracinement culturel.
La gauche moderne est aujourd’hui à un tournant critique. Si elle persiste dans sa dérive cosmopolite et son rejet de l’identité culturelle, elle deviendra une niche urbaine de "bobos qui se sentent plus chez eux à New York qu'en Picardie", marginalisée sur le plan électoral et incapable de structurer le débat national.
Mais en adoptant la latinité comme cadre civilisationnel, elle pourrait non seulement reconquérir son électorat historique, mais également offrir une alternative de gauche crédible aux nationalismes ethniques et aux populismes identitaires, plutôt que de se contenter de fuir systématiquement ces débats.
La latinité est ainsi bien plus qu’une identité : elle est une réponse à la crise culturelle et sociale de la gauche, une manière de réconcilier idéaux progressistes et réalité civilisationnelle. Si la gauche française rate cette occasion de se réorienter elle risque bien de disparaitre définitivement.



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