La latinité : un projet global, social, écologique et humain
- Luc Delmont
- il y a 2 jours
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Renouer avec la latinité ne se réduit pas à un simple héritage culturel ou à un projet civilisationnel. Il s’agit avant tout d’un projet social, qui organise la vie collective selon des principes profondément différents de ceux du modèle anglo-saxon contemporain. Dans les sociétés de culture latine, l’égalité, la redistribution et la solidarité ne sont pas des abstractions : elles structurent la manière dont on vit ensemble, comment on occupe l’espace et le temps, et comment on relie la société à la nature et à l’environnement.
L’idéal latin privilégie la convivialité, le temps vécu et le temps libre, considérés comme essentiels à la qualité de vie. Contrairement à un modèle où l’existence se mesure à l’argent accumulé et à la productivité individuelle, la latinité valorise le partage, les repas communs, les fêtes locales, le lien aux voisins et aux familles. Le temps n’est pas seulement un instrument de rentabilité, mais un espace pour expérimenter la vie sociale, échanger, apprendre et créer du lien. Ce rapport au temps permet de concilier travail, loisirs et engagement civique, et offre une respiration nécessaire à l’épanouissement individuel et collectif.
Cette vision s’étend également au lien à la terre et à l’environnement. Dans de nombreuses sociétés latines, la relation à l’espace naturel, à l’agriculture et aux territoires est pensée dans une perspective de durabilité et d’équité : le paysage, la ville, le village ne sont pas seulement des lieux de production ou de consommation, mais des cadres pour vivre ensemble et préserver la vie commune. L’écologie n’est pas un luxe moral, mais une dimension intrinsèque du projet social : protéger la nature, aménager les espaces publics et garantir un accès équilibré aux ressources naturelles fait partie de la justice collective.
En opposition, le modèle ultra-individualiste et communautariste des États-Unis ou d’autres sociétés anglo-saxonnes tend à fragmenter le lien social. L’existence y est centrée sur l’argent, la réussite individuelle et la compétition, au détriment du temps vécu, de la convivialité et de la redistribution. Les communautés se forment autour de critères d’intérêt ou d’identité, plutôt que sur un projet collectif et universel, et le lien à la nature devient secondaire face à la logique de croissance et de rentabilité. Les inégalités économiques et sociales s’accentuent, et le rôle de l’État dans la redistribution est limité, privant de nombreux citoyens de la possibilité d’un temps libre ou d’une vie sociale riche et équilibrée.
Ainsi, le projet de renouer avec la latinité ne consiste pas simplement à célébrer une culture, une langue ou une histoire. Il s’agit de réinventer la vie sociale : un modèle où la solidarité, l’égalité, le temps libre, la convivialité et le lien à la terre sont centraux.
C’est un projet qui reconnaît que le bien-être collectif et individuel dépend autant de la justice sociale que de la qualité du temps vécu, de l’environnement préservé et de la richesse des liens humains.
En ce sens, la latinité offre une alternative franche et cohérente à l’individualisme anglo-saxon qui domaine dans le monde occidental d'aujourd'hui : un modèle de société où la vie n’est pas subordonnée à l’argent, mais au sens, à l’équité et à la convivialité, et où l’État et la communauté ont un rôle actif dans la construction de cette harmonie sociale.



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