top of page

L’identité n'est pas une question d’ADN, mais de territoires.

Luc Delmont
il y a 13 heures
4 min de lecture

 

Il existe une erreur symétrique, mais tout aussi redoutable, commise autant par les propagandistes du multiculturalisme que par les doctrinaires de l'identitarisme ethniciste d'extrême droite : celle de réduire la communauté nationale à un assemblage de catégories biologiques ou à un bilan comptable d’origines.


A gauche, on ne voit souvent dans la culture française qu’une structure de "domination blanche" qu’il conviendrait de déconstruire pour faire cohabiter des identités juxtaposées venant d'ailleurs et jugée indépassables. De l’autre, les partisans d’une identité exclusivement ethnique enferment l’appartenance nationale dans la généalogie et le droit du sang, condamnant par avance quiconque vient d’ailleurs à être renvoyé à une altérité irréductible.


Des deux côtés, cette grille de lecture racialiste, largement importée du monde anglo-saxon et de ses obsessions raciales, essentialise chaque individu à l'identité de son origine généalogique.


Ces deux idéologies, qui prétendent s'affronter, partagent en réalité la même obsession pour l'identité généalogique, pensant que l'identité d'un groupe est une question de génétique. Les deux approches commettent un contresens fondamental sur la nature même du modèle français : La France n’est pas une ethnie, elle est une civilisation territorialisée.



Le territoire comme matrice culturelle


Un territoire n’est jamais une surface neutre ou une simple zone de transit. Il représente un milieu géographique dans lequel la culture s'est lentement sédimentée au fil des siècles, façonnée par l'interaction féconde entre une topographie, un climat, une langue et des usages, une histoire...


Des bastides d'Aquitaine aux villages en pierre de taille du Val de Loire, des toits de tuiles canal du Midi au dessin méticuleux des bocages, le paysage français porte en lui une mémoire vivante, qui est elle même porteuse de modes de vie, de traditions et de patrimoines culinaires. C’est ce que les Anciens désignaient sous le nom de genius loci, l’esprit du lieu.


On entend parfois, à gauche, dire que l'assimilation serait une soumission violente et intolérable des "minorités opprimés" à la culture de l'ethnie majoritaire.


Or, cette culture accumulée n'appartient pas à un groupe génétique précis, contrairement à ce que souhaite faire croire à la fois la gauche "woke" et l'extrême droite identitaire, elle n'est en rien une identité raciale. La culture Française n'est pas "la culture des blancs" : Elle appartient à la terre elle-même et à l'histoire qui s'y est déroulée. Lorsque l'on observe la façon dont les maîtres d'œuvre médiévaux ou les bâtisseurs du Grand Siècle ont composé avec la pierre locale et le relief, on comprend que la culture d'un pays se nourrit de son sol et non uniquement d'une addition des individus qui s'y trouvent.


Dès lors, demander à celui qui s'installe sur un territoire de s'assimiler à cette culture ne relève ni du chauvinisme, ni de la soumission à une majorité oppressive. C'est simplement le respect élémentaire envers une terre généreuse qui accueille tous ceux qui le souhaitent réellement, et la condition sine qua non de toute continuité historique du territoire.



L’assimilation, un enracinement volontaire et universel


Cette approche géographique et historique restaure la promesse universelle de l'assimilation républicaine. Comme le soulignait déjà Ernest Renan dans sa célèbre conférence sur la nation, l'existence d'une patrie repose sur la possession en commun d'un riche legs de souvenirs et sur le consentement présent de vivre ensemble. Dès lors que l'identité est ancrée dans le territoire et non dans la race, elle devient accessible à tous sans distinction d'origine.


L'assimilation n'a jamais exigé une conversion biologique ni le reniement intime des ancêtres. Elle constitue un acte d'acculturation et d'enracinement. S'assimiler, c’est décider que la mémoire du territoire d'accueil, ses paysages, sa littérature et ses figures historiques deviennent sa propre mémoire. Un citoyen d'origine étrangère qui arpente les rives de la Loire ou lit Chateaubriand ne se soumet pas à une « ethnie blanche » ; il s'approprie un héritage collectif universellement transmissible construit sur un territoire.


À l'inverse, renoncer à cette exigence au nom d'un multiculturalisme hors-sol revient à atomiser la société et faire de l'appartenance raciale l'alpah et l'omega de l'identité de chacun. Lorsque le lien social ne s'appuie plus sur un patrimoine partagé, il se réduit à une juxtaposition de communautés vivant côte à côte dans une méfiance réciproque. Le pays cesse d'être une patrie pour devenir un simple marché régi par le droit abstrait.



Dépasser la grille de lecture victimaire


Pour préserver la cohésion nationale face aux tentations du morcellement, il devient urgent de sortir des grilles de lecture victimaires qui réduisent l'histoire à une lutte d'oppression identitaire entre groupes raciaux, grilles de lectures communes entre l'extreme droite ethniciste et la gauche woke.


La réponse française ne réside pas dans la culpabilisation ou dans la surenchère communautaire, mais dans la réaffirmation du territoire comme vecteur d'intégration de tous.


C'est par la fréquentation des lieux, la connaissance de l'architecture, la transmission de la langue et l'immersion dans les modes de vie régionaux que se forge le sentiment d'appartenance.



L'école, la préservation des paysages et la valorisation du patrimoine bâti ne sont pas des sujets secondaires ou folkloriques : ils constituent la charpente de notre modèle social. En plaçant le territoire et son histoire au-dessus des obsessions ethniques d'où qu'elles viennent, la France redonne à l'assimilation sa grandeur initiale, celle d'un enracinement exigeant, généreux et ouvert à tous ceux qui choisissent d'en épouser l'esprit.



 

Commentaires


  • Facebook
  • Twitter
  • LinkedIn

© 2021 par France latine - Europe latine. Créé avec Wix.com

bottom of page